De l'aube à l'aurore - Au lever du vent - Secret de joie

Un monde à refaire

Chatons
Chatons



Secret de joie


Liste des poèmes

Aux vents
Vitales sources
Sois pareil à l'enfant
Charrette de Sicile
Droit d'existence
Je t'ai donné
Cierges blanchis
Modillons
Secret de joie
Viens réveiller
Trois dimensions
Pure voix
Je vois très loin
Herbe au vent
Ce cri
Vivre à fond
Sève
Éclater de vie

Filet ariettes


Aux vents creusant les rocs, aux flots rongeant les grèves
S’adresse ce recueil d’eau vivifiante et première,
De santé rayonnante et de pure lumière
Et rempli des galops fous d'espoirs de nos rêves.

Car le vent a sifflé sur les flancs des collines,
A doublé tous les feux de tous les ports du monde,
A secoué partout les lourds replis de l’onde,
A vibré longuement de plaintes cristallines.

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Filet ariettes


Le vent m'a dit :
« Voici qu'à mon âge, après tant de courses
« J'en suis venu aux vitales sources :
« Tout est ardeur, lutte et jovialité,
« Tout est force et rire et avidité. »

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Filet ariettes


Le vent m'a dit :
« Sois pareil à l'enfant plein de joie et lumière
« Qui parcourt l'univers en chantant le bonheur
« Du sourire au regard de bonté printanière,
« Aimé comme le gosse au vif et bel honneur,
« Chevalier de soleil aux courages fervents
« S'emparant de la vie irradiée en hauts vents. »

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Filet ariettes


Le vent m'a dit : « Rends-toi dans la courette,
« Prends une flûte et dans l'obscurité
« Chante l'altier cristal de la clarté
« Des couleurs de midi comme charrette,
« Rayons de soleil éclatant d'espoir,
« Vert au cœur tourmenté d'aire fébrile,
« Jaune roue au gai chemin de Sicile,
« Rouge au cri de vie et au calme soir. »

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Filet ariettes


Le vent m'a dit : « Ami, je suis triste en pensant
« Aux trésors disparus dans de sombres abîmes,
« Au secret de tout homme, au mystère des cimes,
« Au chemin mal connu qu'on parcourt en dansant.

« Après tout je peux dire : aussi loin que ma course
« Pénètre les pays et leur ombre profonde,
« Aussi haut que mon cri sanglote et se morfonde
« En puissance immortelle et en frisson de source,

« Le secret, c'est d'aimer et de vivre en gamin,
« Renonçant à l'orgueil, à la gloire éphémère,
« Refusant toute farce, écartant ces chimères,
« Vivre en simple soleil au jour sans lendemain.

« Tout simple et naturel, dispensant l'eau d'enfance
« À la vie embellie, à ces mille franchises
« Et rêve et risque autant d'audaces, de sottises
« Qui ne sont que la joie et le droit d'existence ! »

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Filet ariettes


Je t'ai donné la terre et tout dans la lumière,
Des nuages de fleurs fuyant dans le soleil,
Je t'ai donné la vie et le regard pareil
À la source au son clair, à l'enfance première.

Je t'ai donné le vent et sa parole altière,
Des horizons d'oiseaux chantant partout l'éveil
Du matin, du sous-bois, du ruisseau tout vermeil
Du sang vif de l'enfance et de sa vie entière.

Je t'ai donné de quoi chanter, rire et jouer,
Mais un son vient sans cesse écœurer l'horizon,
Le débris discordant d'un faux diapason.

Ridicule et absurde écho qui vient clouer
Notre esprit triste et las et qui ne peut offrir
L'espoir de taire un jour l'éternel cri SOUFFRIR.

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Filet ariettes


L’allée au ciel croisé de purs cierges blanchis
Étendant leurs rameaux à la cime des cieux
Pénètre un clair pays d’hommages silencieux,
Loin du fracas futile un espace affranchi.

D’abord j’ai salué le secret réfléchi
Du mystère assoupi dans l’éclat audacieux
De la neige immuable ouvrant son corps précieux
À mon pas sacrilège, à mon cœur enrichi.

La vivante candeur poursuit l’éclair de givre
Des cristaux lumineux que la beauté délivre
En joie ardente et simple, en cri uni d’enfant,

Car vierge est la merveille, gracieuse car neuve
Dans l’ample étoilement dont la terre s’abreuve
Dévoilant un immense empire triomphant.

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Filet ariettes


Modillons en fouillis de noirs rameaux croisés
Sous les volutes gris de la voûte céleste,
Ce matin froid d’hiver de splendeur manifeste
Gît dans la calme mort d'éclats ankylosés.

La glace réfléchit en traits arborisés
Du soleil engourdi dans la gelée agreste,
Du soleil morne et lourd, vacillant et modeste,
Exilé de l'été aux reflets irisés.

Le vaste couvert blanc est ample étoilement
De cristaux scintillants, source d'étonnement
Pour le regard naïf immergé dans son rêve.

Et ce songe trop beau s'efface pour mourir,
Car un conte durable, un profond souvenir,
Aux superbes atours le remplace et l'achève.

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Filet ariettes


Je parcours un chemin,
Un mystère de vie,
Un secret de joie
Dans le grand ciel ouvert,

Le vent frais et puissant,
La source au creux du bois,
La feuille de printemps,
Le soleil et la lumière,

Les enfants vifs d'été,
L'aube claire et nue,
La fleur, le cri, l'amour,
Le visage pur et sauvage

D'une jeune fille qui rit
Si fort que les oiseaux
S'arrêtent en plein ciel
Pour la regarder.

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Filet ariettes


Viens réveiller le monde et sa lourde tristesse,
Lui confier le bonheur dans ses mains étonnées ;
Il viendra te haïr pour indélicatesse,
Car il n'a pas appris les amours nouveau-nées.

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Filet ariettes


Trois dimensions s'enchevêtrent
Et bâtissent l'univers
Et nous disent des mots
Qui nous cachent plus profond.

Toutes ces images,
Fuites couleurs, courses lumières,
Sont plus profondes
Que les vitraux de nos cerveaux.

Et savoir qu'un réel plus profond
Souffle et rayonne, crée tant d'images,
Tire tant de formes du monde et des pensées
Transforme l'univers en éclats de bonheur.

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Filet ariettes


Pure voix rutilante au chant du troubadour
Offrant son cœur au vent, à la main d'un enfant,
Orientant notre plaine en vital carrefour
Du haut vent revenu vers l'amour triomphant.

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Filet ariettes


Je vois très loin
Les grises étoffes des sapins
Qui pensent langoureusement
À l'horizon.

Et plus près,
Pointes vengeresses et naïves,
Toutes pures d'exister
Sur la crête.

Sur les champs
Qui descendent et remontent,
Qui s'arrêtent aux épilobes
Roses et mauves.

Aux épilobes de joie
Qui rient et aiment, et crient et jouent
Dans le vent doux et taquin
Qui les balancent.

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Filet ariettes


Herbe au vent en lutte toujours,
En jeu comme une enfant
Au même son-cri du vent.

Herbe au vent dans la belle chaleur
Du jour d'été et de ses fleurs
Dans le soleil le plus content.

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Filet ariettes


Ce cri est là, près de nous,
Plein de calme sagesse,

Ce cri vient en nous
Plein de force nouvelle,

Ce feu est en nous
Et nous brûle d'amour,

Le monde est en nous
Et tout est grand.

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Filet ariettes


Sensationnel est vivre
Et vivre à fond,
À fond de toute force
Et de toute passion.

Plein de nous et de tout,
Foncer, courir, crier,
Bondir par-dessus la terre
Dans l'air clair des oiseaux
Et exploser de joie.

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Filet ariettes


Sève riche et puissante,
Force de vie et de joie,
Sang que charrient les artères,
Sang clair et vermeil,

Puissance altière du soleil d'été
Qui recouvre notre noirceur,
Qui rit, fou de bonheur,
Comme un gosse épanoui,

Joie des gouttes d'eau
Pleines de vie et de clarté
Que l'été fait scintiller
Pour nous rendre heureux.

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Filet ariettes


Éclater de vie et de joie
Dans l'air des chansons vives,
Monter comme une flamme,
Comme la sève des plantes
En force vers le soleil.

Danser, rire et jouer,
Plein de vie et de joie
Dans l'éclat de rire
Des embruns d'azur.

Rouler des trésors dorés
Au fond du cœur et des yeux
Tout simplement
En offrande au ciel.

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